Discrimination et théorie de la victimisation : laquelle cause le plus de tort ?

Le taux de chômage très élevé des jeune issus de quartiers dits « défavorisés », symptomatique de leur manque criant de qualification, trouve ses racines dans l’échec scolaire. Ce diagnostic a d’ailleurs motivé la mise en place des zones d’éducation prioritaire (ZEP) en France au début des années 80, dotées de moyens supplémentaires. Toutefois ce problème de l’échec scolaire qui est rencontré également dans d’autre pays développés comme les Etats unis et la Grande Bretagne, doit être diagnostiqué avec finesse, au-delà des préjugés, et des idées reçues. Avant d’aborder la question des ZEP, intéressons-nous d’abords à l’étude comparative sur l’échec scolaire dans les ghettos américains et les quartiers à faibles revenus britannique du professeur Thomas Sowell, de l’université de Stanford. Pour lui, les affirmations persistantes sur les élèves noirs qui seraient moins performants que les élèves blancs sur divers tests scolaires sont devenues si ordinaires que, sur la globalité du spectre idéologique américain, certains ont depuis longtemps développé toutes sortes d’explications pour en essayer d’en donner les raisons. Selon le professeur Sowell, tous devront désormais reconsidérer leurs théories, à la lumière des nouvelles radicalement différentes venues du côté le Grande Bretagne.

En effet, dans son édition du 15 Novembre 2015, le célèbre magazine britannique The Economist montre que parmi les enfants admissibles aux repas gratuits dans les écoles britanniques, près de 60% de ceux qui réussissent aux tests scolaires sont des fils d’immigrés noirs originaires d’Afrique ; ce qui est également le cas des enfants d’immigrés venus du Bangladesh et du Pakistan. Les enfants d’immigrés noirs des Caraïbes, quant à eux, ont des performances inférieures à 50%.

Dans l’ensemble, parmi ces enfants tous issus de familles à revenus très faibles – éligibles aux repas subventionnés et gratuits de l’école -, les enfants d’anglais blancs sont ceux qui réussissent le moins aux tests, avec un taux de seulement 30%.

The Economist souligne que, dans un arrondissement de Londres, les étudiants blancs avaient des résultats inférieurs à ceux de tous les autres étudiants noirs des autres arrondissements.

Ces résultats pourraient paraître saugrenus s’ils n’étaient pas confirmés par les observations du médecin britannique Theodore Dalrymple décrites dans son livre intitulé “Life at the Bottom”. Il affirme dans cet ouvrage que parmi les patients qu’il a traités dans un hôpital dans les environs d’un quartier défavorisé, il ne souvenait pas avoir vu un seul blanc de 16 ans qui pouvait multiplier sept par neuf. Pire, certains ne pouvaient même pas faire trois fois sept.

Il est intéressant de noter que, non seulement ce phénomène est à l’opposé de ce que qui est observé aux Etats-Unis, mais surtout il ne repose ni sur la génétique ni sur la différence d’environnement éducatif entre noirs et blancs.

Ces étudiants blancs en Grande Bretagne proviennent pourtant de la même race qui a produit Shakespeare et le grand scientifique Isaac Newton, et bien d’autres intellectuels de classe mondiale au cours des siècles. Aujourd’hui, cependant, beaucoup de jeunes Blancs, en Grande Bretagne, savent à peine lire et écrire, et ont des difficultés avec l’arithmétique. Ces élèves blancs sont loin d’être des victimes de discrimination raciale, encore moins des descendants d’esclaves.

Vu que les deux principales explications sur la faiblesse des performances scolaires des noirs américains ne sont évidemment pas applicables en Grande Bretagne, il doit y avoir une autre explication. Une fois cette explication établie, il faudra se demander si cette autre raison – quelle qu’elle soit – pourrait aussi s’appliquer aux États-Unis, d’une manière ou d’une autre.

Qu’est-ce que les Blancs à faibles revenus en Grande Bretagne et les Noirs des ghettos aux États-Unis ont en commun? Il ne peut pas s’agir tout simplement de la faiblesse de leurs revenus, parce que les enfants d’autres groupes dans les mêmes catégories à faibles revenus surpassent les Blancs en Grande Bretagne et les Noirs en Amérique.

Ce que les Blancs à faibles revenus en Grande Bretagne et les Noirs des ghettos aux États-Unis ont en commun, c’est un endoctrinement sur plusieurs générations dans la victimisation. La gauche politique dans les deux pays a, depuis plus d’un demi-siècle, maintenu un tintamarre fort et persistant sur le fait que les dés sont pipés contre ceux d’en-bas.

La gauche américaine utilise le terme race, et la gauche britannique le terme classe, et la gauche britannique le fait depuis encore plus longtemps. Dans les deux cas, les immigrants n’ont pas été dans le pays depuis assez longtemps pour être distraits par les ressentiments aveugles crées par cette idéologie.

Dans les deux pays, les immigrants entrent dans une société soi-disant fermée qui leur met les bâtons dans les roues, et pourtant, ils arrivent à s’en sortir, alors que certaines personnes qui y sont nées restent derrière.

Ceux qui font la promotion de l’idéologie de la victimisation semblent croire qu’ils aident ceux qui sont en bas de l’échelle sociale, alors qu’en réalité, ils ne font que leur nuire, encore plus que la société qu’ils dénoncent.

D’ailleurs, le professeur Sowell affirme qu’aux USA, dans les années 1940, avant la grande expansion de l’État providence et de l’idéologie de la victimisation utilisée pour le justifier, il n’y avait aucun écart significatif concernant les résultats des tests scolaires entre les écoles noires de Harlem et les écoles blanches, de la classe ouvrière de la partie est de New York.

Dans le contexte français, les conclusions de cette étude comparative pourraient sans doute rectifier certaines erreurs cognitives sur les causes de l’échec scolaire dans les quartiers dits « sensibles ». Par exemple le rapport de l’INSEE : «Zone d’éducation prioritaire : quels moyens pour quels résultats ? », montrent que la mise en place des zones d’éducation prioritaire (ZEP) n’a globalement pas amélioré le taux de réussite scolaire dans ces zones. Cette politique qui considère le territoire comme zone d’action au lieu de s’intéresser aux difficultés individuelles des élèves indépendamment du contexte, ne cible pas ceux qui sont dans le plus grand besoin. En fin de compte, la politique des ZEP qui ne renvoie à ces élèves que le reflet de leur catégorie sociale, ne fait qu’exacerber leur ressentiment de victime du système. L’INSEE met d’ailleurs en perspective l’exemple des Pays Bas, où la dotation d’un enfant dont les parents ont un faible niveau scolaire est doublé par rapport à la dotation normale, et ceci indépendamment de son territoire de résidence.

Dans un pays où on aime bien catégoriser les gens (français de souche vs français d’origine…, français d’en haut vs français d’en bas), il est important de comprendre que l’échec scolaire dans les quartiers « défavorisés » ne saurait être réduit à la seule notion de territoire, ou d’origine ethnique. Et pour les populations concernées il serait plus productif de focaliser leur énergie dans l’effort et la persévérance plutôt qu’aux lamentations.

Be so good they can’t ignore you.

Sources

http://www.washingtontimes.com/news/2013/dec/2/sowell-self-fufilling-beliefs-of-the-left/?page=all

http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es380a.pdf

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